Quand le Bénin prend exemple sur le Tarn

Avant de se rendre à la COP 21 qui s’est déroulée en fin d’année à Paris, la délégation officielle du Bénin a fait une halte dans le Tarn durant cinq jours. Ce n’était pas une visite touristique mais une visite de travail destinée à découvrir des infrastructures et des équipements dans diverses domaines.

Ainsi, les quatre maires qui représentaient le Bénin ont pu visiter le site Tryfil de Labessières Candeil, le centre de secours des sapeurs pompiers de Castres, le foyer occupationnel et thérapeutique Chanteclerc à Castres, l’usine de production d’eau potable du Pas des Bêtes et la nouvelle station d’épuration de Boissezon. Ce voyage fut porteur d’espoir pour eux et le combat qu’ils mènent pour apporter à la population de leur commune et de leur pays des solutions de mieux vivre. Il leur a permis d’appréhender notre quotidien qui est parfois loin de leurs préoccupations vitales. Ce qui nous paraît naturel est légitime ici n’existe pas ou simplement à l’état d’embryon dans cette jeune république dont les élections présidentielles approchent. La cruelle absence de moyens mais aussi la corruption endiguent la nécessité de vivre décemment. Les priorités sont multiples, que ce soit dans le domaine sanitaire, la santé, le social, mais aussi l’urbanisation, les infrastructures routières, la gestion de l’énergie… Les communes administrées par ces jeunes maires (moyenne d’âge 40 ans) ont une population de 120 000 à 170 000 habitants et le budget dont disposent les élus est inférieur au budget d’une commune de 20 000 habitants de notre département. Autant dire que la tâche paraît insurmontable et que tous les partenariats extérieurs et nos exemples leur sont enrichissants et bénéfiques.

Avec le docteur Hounou

À l’initiative de cette visite, le docteur Albert Hounou (médecin aux Salvages) œuvre pour son pays d’origine depuis plusieurs années. Il a ainsi crée un orphelinat qui permet aujourd’hui à des jeunes Béninois d’avoir le bac et un métier. Son futur credo est la création d’un centre de santé ouvert à tous. Il a bien voulu répondre à quelques questions.

Quel espoir avez-vous de cette visite des quatre maires dans le Tarn et en France ?

Qu’ils soient porteurs d’un message et d’un langage nouveau à leur retour au Bénin, j’ai envie de dire l’effort et la corvée. Bien entendu, ils tenteront de reproduire chez eux ce qu’ils ont découvert d’utile et de nouveau ici.

Vous semblez particulièrement attaché à votre pays d’origine.

C’est exact et je pense qu’un pays développé peut apporter des choses très positives aux pays dits sous-développés. C’est à nous les étrangers expatriés d’en initier les mécanismes car les états ne peuvent tout faire. Nous ne pouvons nous complaire dans l’aisance de la vie d’ici quand nos pays continuent d’être pauvres alors qu’ils ont d’énormes potentiels de développement.

Quels sont les projets que vous comptez réaliser ?

J’ai réussi à créer l’association Orphelido avec ma famille et mes amis et à en faire une réalité quotidienne pour des enfants épanouis avec la garantie d’une vie normale. En attendant la création du centre de santé Tolado, certainement le projet le plus important de ma vie, j’ai monté une équipe de soignants au Bénin, qui sillonne les villages pour diagnostiquer et repérer l’hypertension artérielle et le diabète.

Comptez-vous un jour fermer votre cabinet en France et rejoindre le Tolado ?

Non car il y a des médecins et soigneurs au Bénin. Je ne suis qu’un animateur et catalyseur et si je ferme mon cabinet en France, la dynamique s’arrête.

Pour clore cette visite tarnaise, la municipalité de Boissezon associée à l’événement avait organisé une réception de la délégation béninoise, à laquelle de nombreux élus et représentants départementaux avaient répondu présents. Chacun a pu exprimer ainsi son attachement au développement des pays comme celui du Bénin et la nécessité impérative de composer main dans la main pour l’avenir de notre planète.

Propos recueillis par Nathanaël Grandgirard/Ladepeche.fr

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